• Mémère

Chers enfants,


Cette autre bafouille en guise de plaidoyer. Mais un peu moins vinaigrée que la précédente je vous rassure. Davantage comme une bannière. Etoilée. Moi qui ne suis pourtant pas militante pour deux sous, je m'en viens lever un nouvel étendard qui me tient particulièrement à cœur. Celui du bien injustement nommé "pisse-mémère".

Je ne suis ni médecin, ni sorcière, (quoique). Je ne vous développerai point l'étendue de ses propriétés, mais je vous jure qu'il possède plus de vertus que celle proprement unique de "faire pisser". Les mémères qui plus est. En même temps, il est vrai que devoir se relever la nuit tient davantage de la sinécure, pour peu que, telle la princesse au petit pois (confère bafouille précédente), la dite mémère dorme à la cime d’un lit superposé. Pour ma part, plus besoin de sortir rejoindre à tâtons la cabane au fond du jardin, j’ai résolu le problème en installant au pied de ma couche un Montauban. Dont voici une gravure explicative pour les nouvelles générations :

Sans rire je veux parler de La vraie, objectivement tisane ou infusion, L'unique, celle qui embaume du jardin à la cuisine dans un camaïeu de verts. Tilleul, menthe, serpolet, sauge, romarin et thym. Celle que vous mettez encore toute fraiche directement dans le verre, branche entière, avant de la recouvrir d'une eau frémissante. Agrémentée pourquoi pas d’une touche de miel ou d’un zeste de citron.

Celle-là même qui me donne envie d'envoyer ma petite brigade en opération commando par-delà les supermarchés réquisitionner toutes ces pauvres petites herbes emprisonnées, en déchirer tous les petits sachets, et les semer à tout vent sur l'air de "Presley, sage, Rosemary and Thym" de Simon and Garfunkel. Et sans même avoir besoin de les fumer.




Rendez-leur la liberté ! Et à nous de la tisane le goût, diantre !

Moi qui ne crois plus guère qu'en l'essentiel à mon grand âge et si demain je devais me réveiller en pape, je lui offrirai bien une canonisation en termes de réhabilitation. En vérité, je vous le dis :


Même s'il vaut mieux s'adresser à Dieu plutôt qu'à ses saints

Ce n'est pas pour être sectaire,

Mais de la Cène si je n'en dois garder qu'un,

Ce sera toujours le sacro-saint "pisse-mémère" !


Mémère


Mis à jour : juil. 24

Chers enfants,


Cette bafouille en guise de leçon de morale. Parfois une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal. En effet, vous êtes nombreux à vous questionner et par conséquent à nous questionner sur les valeurs du vrai et du faux. Le vrai ou le faux caramel au beurre salé, le vrai ou le faux chocolat à tartiner, la vraie ou la fausse guinguette. En guise de réponse, je m'octroie le droit de faire appel à un ami. Il s’agit de ce vieux routard qu’est Hans Christian Andersen. Vert comme le vert de gris des clochers tordus de son pays lointain si cher à mon cœur. J’aime les clochers tordus.

Les images permettent parfois de mieux faire passer les messages alors j’ai choisi un conte. Et pour rester dans les petits pois, voici le texte inédit de La princesse au petit pois. Lisez attentivement cette histoire criante de vérité, je vous réserve la morale pour la fin.

LA PRINCESSE SUR UN POIS.

Il y avait une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une princesse véritable. Il fit donc le tour du monde pour en trouver une, et, à la vérité, les princesses ne manquaient pas ; mais il ne pouvait jamais s’assurer si c’étaient de véritables princesses ; toujours quelque chose en elles lui paraissait suspect. En conséquence, il revint bien affligé de n’avoir pas trouvé ce qu’il désirait.

Un soir, il faisait un temps horrible, les éclairs se croisaient, le tonnerre grondait, la pluie tombait à torrent ; c’était épouvantable ! Quelqu’un frappa à la porte du château, et le vieux roi s’empressa d’ouvrir.

C’était une princesse. Mais grand Dieu ! comme la pluie et l’orage l’avaient arrangée ! L’eau ruisselait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par le nez dans ses souliers, et sortait par le talon. Néanmoins, elle se donna pour une véritable princesse.

« C’est ce que nous saurons bientôt ! » pensa la vieille reine. Puis, sans rien dire, elle entra dans la chambre à coucher, ôta toute la literie, et mit un pois au fond du lit. Ensuite elle prit vingt matelas, qu'elle étendit sur le pois, et encore vingt édredons qu'elle entassa par dessus les matelas.


C’était la couche destinée à la princesse ; le lendemain matin, on lui demanda comment elle avait passé la nuit.

« Bien mal ! répondit-elle ; à peine si j’ai fermé les yeux de toute la nuit ! Dieu sait ce qu’il y avait dans le lit ; c’était quelque chose de dur qui m’a rendu la peau toute violette. Quel supplice ! »

À cette réponse, on reconnut que c’était une véritable princesse, puisqu’elle avait senti un pois à travers vingt matelas et vingt édredons. Quelle femme, sinon une princesse, pouvait avoir la peau aussi délicate ?

Le prince, bien convaincu que c’était une véritable princesse, la prit pour femme, et le pois fut placé dans le musée, où il doit se trouver encore, à moins qu’un amateur ne l’ait enlevé.

Voilà une histoire aussi véritable que la princesse !

Si notre caramel au beurre salé a parfois des « grumeaux » de beurre salé c’est bien la preuve qu'il est fait maison et qu’il contient bien du beurre, si notre chocolat n’est pas aussi épais c’est qu’il ne triche pas avec de l'huile de palme, si les galettes ne sont pas toujours parfaitement rondes et un peu longues à vous arriver, c’est que nous refusons de vous donner du "réchauffé" ou du "déjà prêt" et que nous ne sommes pas des machines. Et si nous n’avons pas de «vrai» parquet de guinguette, ça n’empêche pas au gens de danser dans l’herbe et autour des arbres. Mais avouez que c’est quand même bien ça le meilleur ! Et de grâce prenez donc votre mal en patience ! Certes je vois bien que vous n'avez pas encore tout à fait quitté le nid mais il me semble que vous avez dépassé l'âge du biberon...


Voilà mes enfants, tout ça pour vous dire qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.


A recopier au moins mille fois.

Mémère



Mis à jour : juil. 20

Chers enfants,


Tiens ce titre me rappelle l'humour douteux de mon défunt père (les petits poissons verts)... Sans rire, il annonce juste la fin de ma période orange et le début de ma période verte. Non que je me prenne pour Picasso, mais elle marque le début de la vie d'après. Une couleur comme un signal. J'ai écrit "les petits pois sont verts comme on dirait "les carottes sont cuites". Comme un espoir. Puisqu'il est juste permis d'y croire malgré tout.

Bref je souhaite à l'occasion de notre réouverture célébrer tous les petits pois qui pullulent dans mon potager. En pensant à celles et ceux qui n'auront pas eu le temps d'y goûter tant la marmite aura eu à peine le temps de dire ouf, je vous offre dès à présent la recette de ma Soupette froide "petits pois menthe".


Soupette froide petits pois menthe


- petits pois

- pommes de terre

- menthe fraîche

- ail et oignons

- huile d'olive


Ne me demandez pas les quantités, avec moi c'est du pifomètre expérimenté, je ne m'embête plus avec les mathématiques à mon âge. Mais c'est super facile : faites bouillir les pommes de terre avec l'ail et l'oignon. Hors du feu ajoutez les petits pois et la menthe et l'huile d'olive. Laissez infuser le tout plusieurs minutes et mixez. Salez, poivrez. Laissez refroidir puis réservez au moins deux heures au frigo avant de servir.

Vous pouvez ajouter des glaçons en cas de canicule. Hum hyper frais.


À déguster sur un air de Vivaldi, les quatre saisons, le printemps. Ou plutôt sur l'air de "y'a plus d'saisons ma brave dame !" Eh oui de nos jours même au printemps, il est déjà possible de voir arriver la canicule.


Mémère





A la Soupette de Mémère