Dernière mise à jour : 24 juil. 2020

Chers enfants,


Cette bafouille en guise de leçon de morale. Parfois une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal. En effet, vous êtes nombreux à vous questionner et par conséquent à nous questionner sur les valeurs du vrai et du faux. Le vrai ou le faux caramel au beurre salé, le vrai ou le faux chocolat à tartiner, la vraie ou la fausse guinguette. En guise de réponse, je m'octroie le droit de faire appel à un ami. Il s’agit de ce vieux routard qu’est Hans Christian Andersen. Vert comme le vert de gris des clochers tordus de son pays lointain si cher à mon cœur. J’aime les clochers tordus.

Les images permettent parfois de mieux faire passer les messages alors j’ai choisi un conte. Et pour rester dans les petits pois, voici le texte inédit de La princesse au petit pois. Lisez attentivement cette histoire criante de vérité, je vous réserve la morale pour la fin.

LA PRINCESSE SUR UN POIS.

Il y avait une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une princesse véritable. Il fit donc le tour du monde pour en trouver une, et, à la vérité, les princesses ne manquaient pas ; mais il ne pouvait jamais s’assurer si c’étaient de véritables princesses ; toujours quelque chose en elles lui paraissait suspect. En conséquence, il revint bien affligé de n’avoir pas trouvé ce qu’il désirait.

Un soir, il faisait un temps horrible, les éclairs se croisaient, le tonnerre grondait, la pluie tombait à torrent ; c’était épouvantable ! Quelqu’un frappa à la porte du château, et le vieux roi s’empressa d’ouvrir.

C’était une princesse. Mais grand Dieu ! comme la pluie et l’orage l’avaient arrangée ! L’eau ruisselait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par le nez dans ses souliers, et sortait par le talon. Néanmoins, elle se donna pour une véritable princesse.

« C’est ce que nous saurons bientôt ! » pensa la vieille reine. Puis, sans rien dire, elle entra dans la chambre à coucher, ôta toute la literie, et mit un pois au fond du lit. Ensuite elle prit vingt matelas, qu'elle étendit sur le pois, et encore vingt édredons qu'elle entassa par dessus les matelas.


C’était la couche destinée à la princesse ; le lendemain matin, on lui demanda comment elle avait passé la nuit.

« Bien mal ! répondit-elle ; à peine si j’ai fermé les yeux de toute la nuit ! Dieu sait ce qu’il y avait dans le lit ; c’était quelque chose de dur qui m’a rendu la peau toute violette. Quel supplice ! »

À cette réponse, on reconnut que c’était une véritable princesse, puisqu’elle avait senti un pois à travers vingt matelas et vingt édredons. Quelle femme, sinon une princesse, pouvait avoir la peau aussi délicate ?

Le prince, bien convaincu que c’était une véritable princesse, la prit pour femme, et le pois fut placé dans le musée, où il doit se trouver encore, à moins qu’un amateur ne l’ait enlevé.

Voilà une histoire aussi véritable que la princesse !

Si notre caramel au beurre salé a parfois des « grumeaux » de beurre salé c’est bien la preuve qu'il est fait maison et qu’il contient bien du beurre, si notre chocolat n’est pas aussi épais c’est qu’il ne triche pas avec de l'huile de palme, si les galettes ne sont pas toujours parfaitement rondes et un peu longues à vous arriver, c’est que nous refusons de vous donner du "réchauffé" ou du "déjà prêt" et que nous ne sommes pas des machines. Et si nous n’avons pas de «vrai» parquet de guinguette, ça n’empêche pas au gens de danser dans l’herbe et autour des arbres. Mais avouez que c’est quand même bien ça le meilleur ! Et de grâce prenez donc votre mal en patience ! Certes je vois bien que vous n'avez pas encore tout à fait quitté le nid mais il me semble que vous avez dépassé l'âge du biberon...


Voilà mes enfants, tout ça pour vous dire qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.


A recopier au moins mille fois.

Mémère



  • Mémère

Dernière mise à jour : 20 juil. 2020

Chers enfants,


Tiens ce titre me rappelle l'humour douteux de mon défunt père (les petits poissons verts)... Sans rire, il annonce juste la fin de ma période orange et le début de ma période verte. Non que je me prenne pour Picasso, mais elle marque le début de la vie d'après. Une couleur comme un signal. J'ai écrit "les petits pois sont verts comme on dirait "les carottes sont cuites". Comme un espoir. Puisqu'il est juste permis d'y croire malgré tout.

Bref je souhaite à l'occasion de notre réouverture célébrer tous les petits pois qui pullulent dans mon potager. En pensant à celles et ceux qui n'auront pas eu le temps d'y goûter tant la marmite aura eu à peine le temps de dire ouf, je vous offre dès à présent la recette de ma Soupette froide "petits pois menthe".


Soupette froide petits pois menthe


- petits pois

- pommes de terre

- menthe fraîche

- ail et oignons

- huile d'olive


Ne me demandez pas les quantités, avec moi c'est du pifomètre expérimenté, je ne m'embête plus avec les mathématiques à mon âge. Mais c'est super facile : faites bouillir les pommes de terre avec l'ail et l'oignon. Hors du feu ajoutez les petits pois et la menthe et l'huile d'olive. Laissez infuser le tout plusieurs minutes et mixez. Salez, poivrez. Laissez refroidir puis réservez au moins deux heures au frigo avant de servir.

Vous pouvez ajouter des glaçons en cas de canicule. Hum hyper frais.


À déguster sur un air de Vivaldi, les quatre saisons, le printemps. Ou plutôt sur l'air de "y'a plus d'saisons ma brave dame !" Eh oui de nos jours même au printemps, il est déjà possible de voir arriver la canicule.


Mémère





  • Mémère

Recherche gars type européen, un rien musclé, la trentaine. Un ramasseur d'objets perdus, comme dit la chanson.

Était-il brun, blond, ou roux ? "Je l'ignore. Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore comme ceux des aimés que la Vie exila."* Sam peut-être ? Samuel sans doute. Il portait ce jour-là un jean, des Converses et un tee-shirt rouge. Ça devait être l'année dernière, je ne me rappelle plus de la date, mais c'est sûr qu'il faisait chaud, très chaud même. Sûrement au temps de la canicule. Il paraissait pourtant frais comme un gardon malgré ses kilomètres dans les pattes. Je ne sais plus ce qu'il a commandé, ni combien de temps il est resté mais il était affamé et il s'est endormi dans un transat. A la nuit tombée, la terrasse s'étant vidée, une fois le nettoyage et le rangement effectué, il a fallu le réveiller. Quelqu'un l'aurait aperçu sur un bateau. Il n'est jamais revenu. On a cru rêvé.

Si quelqu'un le croise, faites-nous signe. Car il a oublié son sac à dos. Il est devenu un peu embarrassant maintenant. Et beaucoup trop lourd pour mes vieux os.

Mémère



* Paul Verlaine